46e Sommet ordinaire de la SADC : cap sur une industrialisation résiliente et inclusive

Le 17 août 2026, les dirigeants de la Communauté de développement de l’Afrique australe se sont réunis à Durban, en Afrique du Sud, pour le 46e Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement. Accueillie et présidée par le président sud-africain Cyril Ramaphosa au Centre international de conventions de Durban, la rencontre a marqué un tournant pour la coopération régionale, sous un thème résolument ambitieux : « Une industrialisation résiliente, durable et inclusive par le développement des infrastructures, la transformation agricole et la valorisation des minéraux critiques, au service d’un monde plus juste. »

Le sommet s’est tenu dans un contexte de continuité et de transition. L’Afrique du Sud assurait la présidence par intérim depuis que Madagascar avait renoncé à cette fonction à la suite d’évolutions politiques internes. Le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa, président sortant, en a formellement transmis les rênes. Le sommet a élu Ramaphosa à la tête de la SADC et désigné le président zambien comme président entrant. Le roi Mswati III d’Eswatini a été élu à la présidence de l’Organe sur la politique, la défense et la coopération en matière de sécurité. Le prochain sommet ordinaire se tiendra en Zambie.

Un agenda centré sur l’intégration et le développement

Les dirigeants ont passé en revue les avancées réalisées dans le cadre du Plan stratégique de développement indicatif régional (RISDP) 2020–2030 et de la Vision 2050. Les discussions ont porté sur l’accélération de l’industrialisation en s’appuyant sur les atouts régionaux en matière d’infrastructures, d’agriculture et de minéraux critiques — dans la continuité de l’accent mis l’année précédente sur la transformation agricole et la transition énergétique, avec cette fois un focus renforcé sur la conversion des richesses naturelles en emplois, en chaînes de valeur et en prospérité partagée.

Parmi les priorités retenues : le développement et la mise en service de corridors économiques régionaux reliant les bassins de production aux marchés et les pays enclavés aux ports ; l’accélération des postes frontières à guichet unique pour fluidifier les échanges transfrontaliers et en réduire les coûts ; le renforcement de la coopération énergétique avec un objectif régional d’au moins 85 % d’accès à l’électricité d’ici 2030 ; l’opérationnalisation du Fonds régional de développement de la SADC pour mobiliser des ressources au service des projets d’infrastructure et d’industrie sans porter atteinte à la souveraineté des États ; la levée des barrières non tarifaires et l’harmonisation des normes pour dynamiser le commerce agricole régional ; et la transformation sur place des minéraux critiques pour construire des chaînes de valeur régionales compétitives.

Le sommet a approuvé l’accord instituant le UNIVISA Tourisme de la SADC, destiné à faciliter les déplacements régionaux et à stimuler le secteur touristique. Il a également appelé les États membres à ratifier les instruments juridiques en suspens et à accélérer les processus de signature et de ratification.

Paix, sécurité et stabilité politique

Les questions sécuritaires ont occupé une place de premier plan dans les débats. Les dirigeants ont réaffirmé leur solidarité avec la République démocratique du Congo, confrontée à des défis persistants à l’est du pays, notamment une épidémie d’Ebola (variante Bundibugyo), et ont appelé à des réponses régionales et internationales coordonnées pour protéger les civils, renforcer l’aide humanitaire et promouvoir un dialogue inclusif. Ils ont salué l’avancée du dialogue national inclusif au Mozambique et les efforts continus contre le terrorisme à Cabo Delgado, tout en félicitant le président Daniel Chapo pour l’inauguration du Centre de coordination de la surveillance, du contrôle et du suivi des pêches de la SADC.

Sur le dossier malgache, le sommet a accueilli favorablement l’engagement constructif du Panel des Anciens de la SADC et réaffirmé son soutien au processus de réforme visant à restaurer une gouvernance inclusive, des institutions démocratiques solides et un retour à la normalité constitutionnelle. Les parties prenantes ont été appelées à maintenir le calme et à privilégier le dialogue. L’ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi et l’ancien président mozambicain Joaquim Chissano ont été nommés au Panel des Anciens.

Parmi les autres points notables : les félicitations adressées au Zimbabwe pour son élection comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour 2027–2028, assorties d’un renouvellement de l’appel à la levée des sanctions contre le pays. L’Afrique du Sud a par ailleurs informé ses partenaires de la situation en matière de gouvernance migratoire, suscitant un appel à un dialogue régional coordonné sur les causes profondes des migrations et les réponses durables à y apporter. Des encouragements ont également été exprimés en faveur de la promotion de l’égalité de genre et de l’intégration des jeunes dans les politiques régionales.

L’implémentation comme défi central

Dans son discours de clôture, le président Ramaphosa a souligné que la prospérité, la sécurité et le développement de chaque pays sont indissociables de ceux de la région dans son ensemble. Il a rappelé que l’industrialisation est un moyen de créer des emplois, d’étendre les capacités productives, de transformer les minéraux sur place, de renforcer l’agro-industrie et de bâtir des chaînes de valeur compétitives. L’Afrique du Sud entend placer les infrastructures — corridors, chemins de fer, ports, routes, interconnexions énergétiques, eau et assainissement — au cœur de sa présidence.

« Le défi qui nous attend est celui de la mise en œuvre », a-t-il tranché. Le succès ne se mesurera pas au nombre de réunions tenues ou d’accords signés, mais en kilomètres de voies ferrées réhabilitées, en mégawatts produits et acheminés, en délais de passage aux frontières réduits, en usines construites, en échanges intra-régionaux élargis et en emplois créés.

Le sommet a également salué la réussite de la 9e Semaine annuelle de l’industrialisation de la SADC organisée à Durban fin juillet, ainsi que la conférence publique donnée par Ramaphosa à l’Université du KwaZulu-Natal sur la traduction concrète de la Vision 2050.

Perspectives

Le 46e Sommet a réaffirmé la volonté politique de la SADC d’approfondir l’intégration régionale, tout en soulignant l’impératif de passer des résolutions aux résultats. Avec ses ressources abondantes, sa population jeune, ses marchés en expansion et ses institutions existantes, l’Afrique australe dispose de tous les ingrédients d’une croissance transformatrice. L’enjeu de l’année à venir, sous la présidence sud-africaine — et au-delà —, sera de convertir ce potentiel en améliorations tangibles pour les populations de la région. En quittant Durban, les dirigeants emportaient un message sans équivoque : les frontières doivent relier plutôt que diviser, les ressources doivent se transformer en prospérité, et les bénéfices de l’intégration régionale doivent atteindre chaque citoyen d’Afrique australe.

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