Mpumalanga accueille le lancement provincial de l’initiative sud-africaine des Jalons de la liberté

Le vice-ministre dans la Présidence, Kenny Morolong, a exhorté les Sud-Africains à honorer l’histoire de la libération du pays tout en poursuivant leurs efforts vers un avenir meilleur, à l’occasion du lancement provincial officiel de la campagne des Jalons de la liberté (Milestones of Freedom) au Mpumalanga, vendredi.

S’exprimant lors de cet événement organisé dans la municipalité locale de Govan Mbeki, au sein du district de Gert Sibande, M. Morolong a souligné que cette initiative constitue une plateforme essentielle pour réfléchir au parcours de transformation de l’Afrique du Sud depuis l’avènement de la démocratie en 1994.

Lancée à l’échelle nationale en juin par le président Cyril Ramaphosa sous le thème directeur « Honorer le passé. Livrer l’avenir » (Honouring the Past. Delivering the Future), la campagne commémore quatre repères historiques cruciaux : 30 ans depuis l’adoption de la Constitution démocratique, 50 ans depuis le soulèvement de la jeunesse de 1976, 70 ans depuis la marche historique des femmes de 1956 et 60 ans depuis les expulsions forcées de District Six.

Honorer les figures révolutionnaires du Mpumalanga

Durant son allocution, M. Morolong a rendu hommage à des figures emblématiques de la lutte anti-apartheid dont les héritages sont profondément liés au Mpumalanga. Parmi elles figure Gert Sibande, surnommé le « Lion de l’Est », un leader de base engagé pour les droits des ouvriers agricoles et des communautés africaines, qui fut l’un des 156 accusés de trahison en 1956.

Le vice-ministre a également commémoré avec émotion Nokuthula Simelane, une militante de 23 ans enlevée, torturée et assassinée par la branche de sécurité de l’ère de l’apartheid en 1983. Insistant sur la quête constante de vérité pour les familles endeuillées, il a mis en avant l’engagement du gouvernement en faveur de la justice grâce à une commission d’enquête judiciaire établie par le président Cyril Ramaphosa pour examiner les interférences passées dans les poursuites des crimes de l’apartheid.

Le rôle des femmes dans la lutte a en outre été rappelé à travers le souvenir de Nomoya Christina Masilela, tuée par les forces de sécurité en 1985. M. Morolong a désigné le musée et le quartier culturel Nomoya Masilela comme des gardiens essentiels de cette mémoire révolutionnaire régionale.

Évaluation des progrès et des défis persistants

Abordant le développement régional, le vice-ministre a dressé le bilan des avancées tangibles enregistrées au Mpumalanga depuis trois décennies, notamment en matière d’éducation et d’accès aux services de base.

S’appuyant sur les données de l’enquête générale des ménages de 2025, il a noté que 91,3 % des résidents âgés de cinq ans et plus fréquentaient l’école au Mpumalanga, tandis que plus de 80 % des élèves bénéficiaient de programmes de nutrition dans les écoles publiques.

Toutefois, M. Morolong est resté lucide quant au travail restant à accomplir, soulignant que les coupures d’électricité, la dépendance aux combustibles traditionnels tels que le bois et les lacunes en matière d’infrastructure continuent de pénaliser les communautés locales.

Traitant de la restitution des terres en lien avec l’héritage de District Six, il a rappelé que 83 205 revendications foncières avaient été réglées à l’échelle nationale en mars de l’année précédente, restituant 3,9 millions d’hectares aux citoyens dépossissés. À l’échelle locale, il a salué la remise de plus de 627 hectares à la famille Mtshoeni/Mtsweni au Mpumalanga, soutenue par plus de 16,5 millions de rands d’aide publique pour le développement agricole et l’acquisition de compétences.

Autonomisation et jalons démocratiques

À l’occasion du Mois des femmes, M. Morolong a célébré les progrès significatifs de la représentation politique et de l’autonomisation économique des femmes, relevant qu’elles occupent environ 43,5 % des sièges au Parlement, détiennent des postes clés au sein du pouvoir législatif et composent une part substantielle de l’exécutif national, aux côtés de la nomination historique en 2024 de la juge Mandisa Maya comme première femme présidente de la Cour suprême d’appel.

Néanmoins, il a reconnu que des obstacles systémiques tels que la pauvreté, les violences basées sur le genre et la fracture numérique continuent de toucher de manière disproportionnée les femmes.

Les progrès éducatifs ont également occupé une place centrale, M. Morolong signalant que le taux de réussite au matricule est passé de 58 % en 1994 à un impressionnant 88 % en 2025, tandis que le financement de l’enseignement supérieur a été élargi via le Scheme national d’aide financière aux étudiants pour plus de cinq millions de jeunes.

Le membre du Conseil exécutif (MEC) des Transports du Mpumalanga, Thulasizwe Thomo, a renforcé ces propos lors du rassemblement à Bethal, affirmant que la reconnaissance du riche tissu de résistance de la ville est indispensable pour comprendre la contribution majeure de la province à la liberté de l’Afrique du Sud.

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