L’Afrique du Sud plaide pour un protocole contraignant sur la sécheresse et un financement accru de la restauration des terres à la COP17 de la CCD au Mongolia

La vice‑ministre de la Forêt, de la Pêche et de l’Environnement, Bernice Swarts, dirigera la délégation sud‑africaine à la 17ᵉ Conférence des Parties (COP17) de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification (CCD), qui se tiendra du 17 au 28 août 2026 à Oulan‑Bator, en Mongolie. Sous le thème « Restaurer la terre, restaurer l’espoir », ce rassemblement offre une occasion rare aux pays africains d’influencer la politique mondiale sur la désertification, la dégradation des sols et la sécheresse.

Pourquoi la COP est cruciale pour l’Afrique du Sud

L’Afrique du Sud arrive à ce sommet forte d’une expérience de plus d’une décennie dans la reconquête des terres dégradées. En 2018, le pays s’était engagé à atteindre la Neutralité de la Dégradation des Terres (NDT) sur environ 17 millions d’hectares. À la fin de 2025, près de 2,9 millions d’hectares avaient été restaurés, conservés ou placés sous gestion durable – une avancée modeste mais tangible.

Consciente que cet objectif initial était trop ambitieux, le gouvernement a récemment revu son ambition lors de la deuxième phase du Programme de fixation des objectifs de NDT de la CCD. Le nouvel engagement porte sur huit millions d’hectares, avec des actions concrètes, chiffrées, sensibles au genre et explicitement spatialisées. Bien que cet objectif soit plus réaliste, il met en évidence le besoin urgent de ressources financières et techniques supplémentaires.

Des engagements aux obligations juridiques

Au cœur du programme sud‑africain se trouve la volonté d’obtenir un protocole juridiquement contraignant sur la sécheresse au sein de la CCD. Lors de sa 20ᵉ session ordinaire, la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement a désigné l’Afrique du Sud comme « champion de la sécheresse » du continent pour la COP17, une responsabilité qui implique de rallier les États africains autour d’un même instrument juridique.

La vice‑ministre Swarts a déclaré : « La sécheresse n’est pas une problématique environnementale abstraite pour nous ; elle menace directement la sécurité de l’eau, la production alimentaire et les moyens de subsistance ruraux. Un protocole contraignant permettrait de passer d’une réaction d’urgence à une gestion proactive des risques, offrant ainsi aux communautés vulnérables la possibilité de se préparer avant que la catastrophe ne frappe. »

Financer la lutte

L’Afrique du Sud réclamera également une hausse spectaculaire du financement climatique destiné aux pays en développement. Malgré les liens évidents entre désertification, résilience climatique et Objectifs de Développement Durable, le financement de ces défis reste parmi les plus faibles des trois Conventions de Rio. La délégation demandera des apports du Fonds mondial pour l’environnement, du Fonds vert pour le climat, des banques multilatérales de développement et des partenaires du secteur privé, tout en réaffirmant la responsabilité des nations riches d’assurer un soutien prévisible et suffisant.

Façonner le cadre post‑2030

La conférence débattra d’un nouveau cadre stratégique pour la CCD au‑delà de 2030. La position sud‑africaine préconise une feuille de route inclusive, fondée sur la science et axée sur des résultats mesurables, tout en respectant les capacités variées des Parties. « Restaurer la terre, c’est avant tout restaurer les opportunités et l’espoir », a rappelé Swarts. « Les décisions prises à Oulan‑Bator doivent permettre aux pays de protéger les moyens de subsistance, de renforcer la résilience et d’apporter des améliorations visibles à la vie des populations qui dépendent directement d’une terre saine. »

Événements marquants

La COP17 sera la première session conjointe des trois Conventions de Rio en 2026 et coïncide avec l’Année internationale des pâturages et des pasteurs. Le pays hôte, la Mongolie, présentera trois initiatives phares dans le cadre de son Steppe Action Agenda : une initiative sur les pâturages visant une gestion durable, des solutions basées sur la nature pour des infrastructures vertes, et un projet Water‑Land Nexus qui traite de l’interdépendance entre l’eau et le sol dans les zones arides.

Des événements de haut niveau, tels que le Riyadh‑Ulaanbaatar Action Agenda et une Journée Finance le 24 août, viseront à mobiliser la volonté politique et les investissements. L’Afrique du Sud espère exploiter ces plateformes pour obtenir les ressources nécessaires à la réalisation de son nouvel objectif de huit millions d’hectares et pour établir un précédent de protocole contraignant sur la sécheresse que d’autres nations pourraient suivre.