L’Afrique du Sud exhorte à un financement équitable et à une action renforcée avant la COP17 de l’ONU sur la biodiversité

L’Afrique du Sud a placé les mécanismes financiers équitables et le soutien international renforcé au cœur des discussions mondiales sur la conservation, lançant un appel ferme en faveur d’un financement adéquat et accessible pour accélérer les objectifs du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (CMBKM).

Cette position décisive a été adoptée à l’issue de la septième réunion de l’Organe subsidiaire chargé de l’application (OSA-7), qui s’est tenue à Nairobi, au Kenya, du 4 au 12 août 2026. Jalon préparatoire crucial, la réunion de Nairobi a jeté les bases de la prochaine Conférence des Nations Unies sur la biodiversité de 2026, prévue à Yerevan, en Arménie, du 19 au 30 octobre 2026.

Au cours des sessions, l’OSA-7 a évalué les progrès mondiaux accomplis vers les 23 cibles spécifiques du CMBKM, façonnant des recommandations clés destinées à la dix-septième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP17 de la CBD), ainsi qu’aux réunions des Parties aux Protocoles de Cartagena et de Nagoya.

L’Afrique du Sud a joué un rôle de premier plan dans les négociations, en défendant les positions du Groupe africain et du Groupe des pays mégadivers alliés. Pretoria a souligné que les grandes ambitions mondiales resteront vaines si elles ne s’accompagnent pas de ressources financières tangibles, de transferts de technologie et de renforcement des capacités institutionnelles permettant aux pays en développement de tenir leurs engagements.

Concernant la mobilisation des ressources, l’Afrique du Sud a exprimé son inquiétude face au fait que les financements internationaux en faveur de la conservation restent bien en deçà des seuils fixés par la Cible 19(a) du CMBKM. Cette cible exige que les flux financiers internationaux publics et privés en faveur de la biodiversité à destination des pays en développement atteignent au moins 20 milliards de dollars par an d’ici 2025, pour passer à 30 milliards de dollars par an d’ici 2030. Selon la délégation, l’architecture financière mondiale de la biodiversité doit garantir un soutien prévisible, suffisant et sans obstacles.

Les discussions ont également abordé la gouvernance du Fonds de Cali, l’Afrique du Sud plaidant pour un maintien de la supervision par la Conférence des Parties. Le pays a averti que les seuils de contribution ne devaient pas affaiblir l’intégrité du mécanisme multilatéral dédié au partage des avantages découlant de l’utilisation des informations sur les séquences numériques de ressources génétiques. En outre, les avantages non monétaires doivent inclure l’accès à la technologie, la collaboration scientifique et les résultats de la recherche.

Sur le thème plus large du suivi de la mise en œuvre du CMBKM, l’Afrique du Sud s’est opposée à l’ajout de nouvelles obligations réglementaires ou de charges de rapport alourdies. La délégation a insisté pour que les conclusions des évaluations respectent les contextes nationaux distincts, les capacités locales et les priorités de développement souveraines.

Au-delà de la pure conservation, l’Afrique du Sud a plaidé pour l’intégration de la biodiversité dans des secteurs à fort impact tels que l’exploitation minière, l’agriculture, la pêche et le tourisme, liant étroitement la protection environnementale au développement durable et à la réduction de la pauvreté. Les Parties ont également été encouragées à donner aux administrations municipales et aux autorités locales les moyens de déployer des stratégies locales pour la biodiversité tout en éliminant les obstacles structurels qui empêchent les institutions de base d’accéder à des financements vitaux.

En matière de sensibilisation du public et d’éducation, l’Afrique du Sud, s’exprimant au nom du Groupe africain, a endossé le projet de plan d’action mondial pour l’éducation à la biodiversité. À la demande de Pretoria, le texte révisé prend acte du rôle prochain de l’Afrique du Sud en tant qu’hôte de la célébration mondiale de 2026 de la Journée internationale de la diversité biologique sous le thème « Agir localement pour un impact mondial ». La délégation a également appelé à une synchronisation étroite entre les cadres éducatifs mondiaux et les plans nationaux pour la biodiversité, soutenus par un appui financier et technique robuste.

D’autres discussions ont porté sur la biologie synthétique, domaine pour lequel l’Afrique du Sud a approuvé le plan d’action thématique proposé tout en insistant sur un financement dédié et rapide pour le partage des connaissances et le renforcement des capacités techniques. La délégation a également formulé des propositions visant à optimiser les Protocoles de Cartagena et de Nagoya, dans le but d’opérationnaliser les points de contrôle de l’accès et du partage des avantages et de stimuler la synergie régionale.

Soulignant le leadership national en matière de coopération scientifique, l’Afrique du Sud a attiré l’attention sur le centre d’appui technique et scientifique hébergé par l’Institut national de la biodiversité d’Afrique du Sud, plaidant pour sa mise en œuvre opérationnelle complète afin de renforcer les capacités continentales et mondiales.

Bien que l’OSA-7 ait adopté avec succès de nombreuses recommandations en vue de la COP17, des divergences prononcées subsistent, notamment en ce qui concerne l’architecture financière internationale et le fonctionnement du mécanisme relatif aux informations sur les séquences numériques. L’Afrique du Sud a indiqué son intention de maintenir un engagement constructif afin de garantir que Yerevan aboutisse à des résultats équitables, pleinement financés et mesurables.