Seychelles : Le Président Herminie Préside la Première Commémoration Officielle de l’Abolition de l’Esclavage

Ce matin, la Bibliothèque nationale des Seychelles a été le théâtre de la première commémoration officielle de l’abolition de l’esclavage dans le pays. Cette cérémonie, présidée par le Dr Patrick Herminie, a réuni l’histoire, la culture et la réflexion nationale autour d’un événement symbolique.

L’événement a débuté par un poème émouvant du jeune artiste seychellois Tyler Rosalie. Sa performance de “FR Let Pou Mon Met” a immédiatement instauré une tonalité contemplative. Sa phrase percutante — “Nous avons brisé les chaînes qui nous unissaient les mains; maintenant, libérons nos esprits des chaînes” — a captivé le Président et profondément résonné auprès de toutes les personnes présentes, illustrant parfaitement l’esprit de mémoire et de résilience de la cérémonie.

Dans son allocution, le Président Herminie a rappelé aux participants que ce rassemblement n’était pas uniquement destiné à marquer une date historique, mais aussi à « écouter ses échos ». Il a décrit l’abolition de l’esclavage comme bien plus que la simple fin d’un système : elle a marqué le début d’un voyage continu, passant du silence à la voix, du déplacement à l’appartenance, et de la survie à l’affirmation de soi.

Le Président a ensuite médité sur la manière dont l’esclavage avait déraciné des populations entières et anéanti leur identité. Pourtant, de cette déchirure a émergé un fait remarquable : un peuple créole forgé par la résilience, la créativité et la capacité d’adaptation. Il a également évoqué l’océan environnant, à la fois témoin et symbole : jadis porteur de douleur et de séparation, il incarne aujourd’hui la connexion et le renouveau.

La cérémonie a ensuite laissé place aux danses traditionnelles Sokwe et Tinge, célébrant deux formes culturelles en voie de disparition, profondément enracinées dans les croyances et la résistance ancestrales. La performance du Sokwe a particulièrement captivé l’audience, les danseurs arborant des costumes en feuilles de bananier, une tradition symbolisant la protection, la guérison et la continuité. Le programme a également inclus “Je vais” de Raspyek, un poème brut et puissant invitant à la méditation sur la mémoire et l’identité.

Un moment fort de la cérémonie a été le dévoilement d’une plaque commémorative par le Président Herminie et Mme Cecilia Adrienne, descendante de personnes asservies. Cette plaque symbolise l’engagement national durable des Seychelles à honorer celles et ceux qui ont subi l’esclavage. Un monument sera par ailleurs érigé sur le site commémoratif plus tard cette année.

La Ministre du Tourisme et de la Culture, Mme Amanda Bernstein, a replacé cette journée dans une perspective historique, rappelant qu’en 1835, lorsque la loi d’émancipation est entrée en vigueur, la majorité des habitants des Seychelles étaient des esclaves originaires de toute la région. Bien que l’esclavage ait été aboli légalement, a-t-elle souligné, son héritage a continué de façonner l’identité, la culture et les traditions de la nation.

La musique a ensuite véhiculé un message d’espoir et d’unité grâce à la performance de “En référence Lespwar”, une œuvre écrite et composée par Jean-Marc Volcy, interprétée par les chanteurs Farhine Ali, Alessandro Evenor, Laureen Leon, Jose Bibi et Leah Celestine.

Les invités ont également eu l’opportunité de découvrir en avant-première l’exposition “Echos à travers l’océan”, présentant plus de 50 œuvres de cinq artistes seychellois explorant les thèmes de l’esclavage, de la mémoire et de l’identité. Emmanuel d’Offay y rend hommage aux visages oubliés de l’histoire ; Leon Radegonde médite sur le travail et la mémoire héritée ; Urny Mathiot confronte la douloureuse histoire ancienne de l’île ; “Histoire de Pompe” d’Egbert Marday évoque la résistance et l’injustice ; et Michel Denousse utilise la photographie d’art pour réinterpréter diverses perspectives sur l’esclavage.

Les activités commémoratives se prolongeront au cours de la semaine à venir, culminant le 10 février avec une conférence culturelle animée par le Dr Odile de Commarmond. L’exposition itinérante sera également présentée dans des sites régionaux jusqu’au 1er mai, afin d’étendre la réflexion sur l’esclavage, la résilience et l’identité à travers tout le pays.

De nombreux dignitaires, incluant des membres du corps diplomatique, de hauts responsables gouvernementaux et d’autres invités, se sont joints au Président Herminie lors de la cérémonie. Leur présence témoigne de l’importance nationale de l’événement et de l’engagement partagé à préserver la mémoire collective des Seychelles.

Distribué par APO Group au nom de State House Seychelles.

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