Révolution hydrique en Tunisie : Le dessalement à l’énergie solaire, une solution durable

La Tunisie franchit une étape décisive face à son défi le plus pressant : la rareté de l’eau. Dans un contexte de baisse des précipitations et de demande croissante, le pays accélère la modernisation de son infrastructure hydraulique en misant sur le dessalement de l’eau de mer, alimenté par ses ressources abondantes en énergies renouvelables.

Une nouvelle stratégie pour la sécurité hydrique

En avril 2026, la Banque mondiale a approuvé un programme majeur intitulé « Sécurité hydrique et résilience en Tunisie », marquant le passage d’une gestion d’urgence à un modèle structurel de long terme. La Tunisie déploie actuellement d’importantes capacités de dessalement pour garantir un approvisionnement durable aux populations et au secteur agricole.

Les avancées clés de cette transformation comprennent :

  • L’expansion de Zarat : La station de dessalement de Zarat, à Gabès, voit sa capacité doubler, passant de 50 000 à 100 000 mètres cubes par jour, sécurisant ainsi l’accès à l’eau pour les régions de Gabès, Médenine et Tataouine.
  • Modernisation du réseau : Parallèlement au dessalement, la Tunisie déploie 100 000 compteurs intelligents et réhabilite les réseaux de distribution dans des régions comme Sfax, Tozeur et Kébili afin de réduire drastiquement les pertes en eau.
  • Objectifs ambitieux : La Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux (SONEDE) s’est engagée à porter la part de l’eau dessalée dans l’approvisionnement national à 30 % d’ici 2030.

Le nexus Eau-Énergie : L’atout solaire

Le défi majeur du dessalement par osmose inverse reste son coût énergétique élevé. Pour y remédier, le gouvernement intègre agressivement l’énergie solaire au cœur du processus.

Cet effort est soutenu par des investissements massifs dans le renouvelable :

  • Montée en puissance du solaire : La finalisation de centrales solaires totalisant 100 MW à Sidi Bouzid et Tozeur, ainsi que de nouveaux appels d’offres pour un projet solaire de 350 MW à Bazma, fournissent l’électricité verte nécessaire au fonctionnement des infrastructures hydrauliques.
  • Innovation et efficacité : Les nouveaux projets de dessalement intègrent des dispositifs de récupération d’énergie de pointe, permettant de réduire significativement la consommation électrique par mètre cube produit.
  • Indépendance énergétique : En couplant stations de dessalement et parcs solaires, la Tunisie stabilise son réseau électrique tout en se protégeant de la volatilité des prix des combustibles fossiles.

Un modèle pour les zones arides

La Tunisie se positionne aujourd’hui comme un pôle d’expertise régional sur le nexus « Eau-Énergie-Alimentation ». À travers des partenariats académiques et des événements internationaux, comme la 10e Conférence méditerranéenne sur le dessalement et le traitement de l’eau (CMTDE 2026), le pays partage ses innovations en matière de membranes de filtration et de systèmes résilients au changement climatique.

Face aux pressions climatiques, le choix tunisien d’allier expansion infrastructurelle et transition énergétique offre une étude de cas inspirante pour toute la région MENA : la résilience ne se construit pas seulement sur la gestion des ressources, mais sur l’innovation technologique durable.

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