Contribuer au contenu ou vous faire connaître à l’Afrique et sa diaspora ? Contactez-nous ! Want to contribute content or promote yourself to Africa and its diaspora? Contact us!
Tanzanie (T2 2026) : Restitution contestée des violences, déploiement militaire face aux frondes et offensive fiscale numérique

1. Vie politique, Institutions et Gouvernance
- Rapport de commission et rejet de l’opposition : Le deuxième trimestre 2026 a vu la publication très contestée du rapport de la commission d’enquête officielle sur les violences post-électorales de fin 2025 (scrutin remporté par Samia Suluhu Hassan avec 97 % des voix). Le document officiel attribue le décès d’au moins 518 personnes à des « agitateurs étrangers ». Cette version a immédiatement été rejetée en bloc par les partis d’opposition (comme le Chadema, dont le leader Tundu Lissu demeure détenu sous l’accusation de trahison) et les organisations religieuses, qui accusent les forces de sécurité d’avoir dissimulé l’ampleur réelle des exactions.
- Interdiction des rassemblements et quadrillage sécuritaire : Face à l’appel de collectifs de jeunes et d’activistes à une mobilisation nationale programmée pour le début du mois de juillet 2026, le gouvernement a réimposé une interdiction totale et immédiate de tous les rassemblements politiques à la fin du mois de juin. Pour dissuader toute contagion de type « Saba Saba », d’importants contingents de l’armée et de la police nationale ont été déployés en masse pour verrouiller Dar es Salaam et les grandes agglomérations du pays.
2. Économie, Infrastructures et Cap Budgétaire 2026/2027
- Maintien des taux et résilience macroéconomique : La Banque de Tanzanie (BoT) a choisi de maintenir son taux directeur stable à 5,75 % pour ce deuxième trimestre 2026 afin de prémunir l’économie locale contre l’inflation importée et les tensions géopolitiques mondiales. Portée par la mise en service progressive de grands chantiers comme le projet hydroélectrique Julius Nyerere (JNHPP), l’économie affiche une croissance robuste projetée à 6,1 % pour l’échéance annuelle.
- Présentation du budget et élargissement de la base fiscale : Mi-juin, le ministre des Finances a dévoilé la loi de finances pour l’exercice fiscal 2026/2027 sous le thème de la résilience et de la transformation numérique. Cherchant à porter les recettes fiscales intérieures à 13,7 % du PIB, l’exécutif a introduit d’importants ajustements, notamment l’allègement du régime d’imposition présomptif pour les petites entreprises locales et une révision à la hausse des droits d’accise sur les produits de luxe importés et les véhicules d’occasion de plus de huit ans.
3. Technologie, Législation et Espace Numérique
- Offensive fiscale sur les géants du numérique : Sur le plan de la fiscalité technologique, la nouvelle loi de finances entérinée en juin 2026 a validé le relèvement de la taxe sur les services numériques fournis par les plateformes non résidentes, qui passe de 2 % à 3 %. Cette mesure vise à capter une part plus équitable des revenus générés localement par les multinationales du web.
- Pression réglementaire accrue sur les télécoms et médias : L’autorité de régulation des communications (TCRA) a poursuivi le durcissement de son contrôle sur l’espace civique en ligne. En parallèle au blocage persistant de certaines plateformes de médias sociaux initié lors des tensions de l’année précédente, la TCRA a renforcé les protocoles techniques d’intégration directe entre ses plateformes de contrôle des licences d’affaires et l’administration fiscale (TRA), limitant drastiquement la marge de manœuvre des médias numériques indépendants.
En résumé : La Tanzanie traverse ce T2 2026 sous une chape de plomb sécuritaire et politique, contrastant fortement avec les indicateurs macroéconomiques qui restent résolument au vert. Si l’administration de Samia Suluhu Hassan parvient à rassurer les milieux d’affaires et la Banque mondiale grâce à une gestion budgétaire rigoureuse et une croissance portée par l’extraction minière et le tourisme, l’étouffement systématique de l’opposition et le spectre des manifestations populaires maintiennent le pays sous haute tension.



