Contribuer au contenu ou vous faire connaître à l’Afrique et sa diaspora ? Contactez-nous ! Want to contribute content or promote yourself to Africa and its diaspora? Contact us!
Filovirus en Afrique : L’OMS Mobilise l’Expertise Mondiale pour Optimiser les Soins et la Réponse

L’atelier de cinq jours vise à améliorer les soins cliniques face à un fardeau croissant de la maladie sur le continent.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a récemment rassemblé 50 cliniciens, chercheurs et spécialistes de la santé publique venus du monde entier pour un atelier intensif de cinq jours. Son objectif : mettre à jour et harmoniser les directives de gestion clinique des maladies à filovirus. Ce rassemblement, soutenu par le Bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement du Royaume-Uni, intervient alors que l’Afrique continue de porter le plus lourd fardeau de ces épidémies mortelles.
2025 : Une année particulièrement difficile pour la maîtrise des filovirus
L’urgence de cette initiative est accentuée par les récentes évolutions épidémiques à travers le continent. En effet, rien qu’en 2025, quatre pays africains – la République démocratique du Congo, l’Éthiopie, la Tanzanie et l’Ouganda – ont signalé des épidémies de filovirus, témoignant de la fréquence croissante de ces urgences de santé publique au cours des dernières années.
La Dre Janet Diaz, cheffe de l’unité des soins sûrs et évolutifs au siège de l’OMS, a souligné le potentiel vital des protocoles de soins standardisés. « Notre expérience collective des épidémies de filovirus a montré que l’optimisation et la standardisation des soins de soutien augmentent considérablement les chances de survie des patients », a-t-elle expliqué. L’atelier vise ainsi à exploiter l’expertise mondiale pour partager les connaissances, discuter des meilleures pratiques et, en conséquence, actualiser les recommandations de l’OMS.
Développer des outils pratiques pour les professionnels de santé de première ligne
Au-delà de la mise à jour des directives cliniques, l’atelier se concentre également sur la création de ressources tangibles, déployables immédiatement lors des épidémies. Les participants élaborent notamment une boîte à outils clinique complète, spécifiquement pensée pour les cliniciens de première ligne, et des indicateurs de performance clés. Ces derniers permettront aux décideurs de surveiller et d’améliorer la qualité des soins lors des interventions d’urgence.
Les discussions entre experts couvrent des aspects cruciaux des soins aux patients, notamment l’optimisation de la thérapie fluidique, des protocoles de surveillance des patients améliorés et une prise en charge spécialisée des complications graves comme les troubles hémorragiques ou l’insuffisance rénale. Une attention particulière est également accordée aux soins des survivants et des populations vulnérables, telles que les femmes enceintes et les enfants, qui sont confrontés à des risques accrus lors d’infections à filovirus.
Marburg et Ebola : une action immédiate s’impose
La Dre Marie-Roseline Darnycka Belizaire, directrice de la Protection civile et de la Réponse au Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, a souligné la nature hautement létale de ces agents pathogènes. « Les virus de Marburg et d’Ebola figurent parmi les agents pathogènes les plus mortels auxquels nous sommes confrontés et ont un impact social, économique et psychologique considérable sur les individus et les communautés », a-t-elle fait remarquer.
En l’absence actuelle de vaccins ou de traitements spécifiques approuvés pour la maladie à virus de Marburg et la maladie à virus du Soudan, la qualité et la cohérence des soins de soutien deviennent le facteur déterminant de la survie des patients. « Les soins standardisés et fondés sur des preuves ne sont pas une option, ils sauvent des vies », a insisté la Dre Belizaire.
Renforcer les capacités de recherche pour les futures épidémies
L’atelier comprend une formation spécialisée sur les bonnes pratiques cliniques et les Procédures Opérationnelles Standard (POS) de l’OMS pour les essais cliniques de base. Cette composante vise à renforcer la préparation des chercheurs clés et de leurs équipes, leur permettant de mettre en œuvre rapidement et éthiquement des essais cliniques lors de situations épidémiques, où le temps est un facteur primordial.
Les essais cliniques sont essentiels pour déterminer l’innocuité et l’efficacité des vaccins et traitements candidats, faisant de cette composante de préparation à la recherche un élément crucial de la planification de la réponse aux épidémies.
Des directives fondées sur des données probantes pour tous les contextes de ressources
L’atelier aboutira à une directive consolidée de gestion clinique, s’appuyant sur les meilleures preuves disponibles et l’expérience de terrain acquise à l’échelle mondiale. Parallèlement, les participants élaborent une trousse d’outils de soins de soutien optimisés, conçue spécifiquement pour être utilisée dans tous les contextes de ressources. Ceci garantira que des protocoles de soins améliorés puissent être mis en œuvre, quelles que soient les contraintes d’infrastructure locales.
Une fois finalisées, ces directives actualisées seront diffusées aux États membres de l’OMS et intégrées dans la planification nationale de la préparation, les programmes de formation et les exercices de simulation. L’OMS s’est engagée à poursuivre sa collaboration avec les pays et les partenaires afin de renforcer les capacités cliniques et de faire avancer la recherche sur les traitements et les vaccins anti-filovirus.



