Ghana : L’OMS et ses partenaires créent une plateforme unifiée pour renforcer la sécurité sanitaire et la gestion des urgences

Une approche coordonnée a permis de mobiliser 800 000 $ pour la réponse au MPOX et de réduire la duplication des efforts parmi les partenaires de développement.

Le Ghana fait face à des vulnérabilités persistantes en matière d’urgences de santé publique. Entre 2022 et 2025, le pays a dû gérer de multiples épidémies, notamment la méningite, la dengue, le choléra, la maladie à virus de Marburg, la fièvre de Lassa et le MPOX. Ces crises sanitaires ont exercé une pression considérable sur le système de santé publique ghanéen, perturbant souvent la prestation des soins de santé essentiels dans les régions les plus affectées.

La résurgence du choléra met en évidence les défis systémiques

Parmi les urgences sanitaires les plus significatives de cette période, on compte la résurgence du choléra, après plusieurs années sans épidémies majeures. L’épidémie s’est étendue en 2025, provoquant plus de 7 000 cas et 51 décès, ce qui a mis en évidence la vulnérabilité persistante du système de santé ghanéen face aux maladies épidémiques.

Durant ces situations d’urgence, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et d’autres partenaires au développement apportent un soutien technique et opérationnel complet au gouvernement du Ghana. Ce soutien couvre de multiples domaines d’intervention : la coordination, les services de surveillance et de laboratoire, le traitement, la santé mentale et les services psychosociaux, la prévention et le contrôle des infections, la communication des risques et l’engagement communautaire, ainsi que la logistique.

Les leçons de COVID-19 stimulent l’amélioration de la coordination

Les enseignements tirés de la pandémie de COVID-19 et d’autres urgences de santé publique ont souligné l’importance cruciale de la coordination, de l’harmonisation et de la responsabilisation des partenaires au développement. Bien que de nombreux partenaires aient soutenu les efforts de sécurité sanitaire, il n’existait aucun mécanisme structuré pour coordonner et harmoniser ces contributions. Cela a parfois conduit à une duplication des efforts et a limité la capacité des partenaires à aligner leurs ressources sur les priorités nationales.

Reconnaissant ce déficit de coordination, un sous-groupe spécialisé a été créé au sein des partenaires de développement de la santé existants, établissant ainsi une plateforme dédiée à la coordination de la sécurité sanitaire et à l’alignement des soutiens.

L’OMS établit un cadre de partenariat structuré

L’OMS a soutenu la mise en place initiale de ce groupe et a rédigé les termes de référence pour guider ses opérations. Lors de la réunion inaugurale, convoquée par l’OMS, les partenaires au développement ont examiné le projet de cadre et ont formulé des commentaires pour définir la structure opérationnelle de la plateforme.

L’OMS assure désormais la présidence et le secrétariat du groupe, en collaboration avec les Centres de contrôle et de prévention des maladies des États-Unis (US CDC). Ce leadership partagé offre un équilibre, combinant l’expertise mondiale des organisations de santé avec une capacité technique bilatérale.

La participation globale des partenaires renforce la plateforme

Cette plateforme réunit des partenaires au développement essentiels œuvrant dans le domaine de la sécurité sanitaire, parmi lesquels : les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’Ambassade du Japon, l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA), le Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) du Royaume-Uni, l’UNICEF, l’US CDC, l’OMS et la Banque mondiale.

Les partenaires se rencontrent tous les deux mois, les membres accueillant à tour de rôle les réunions dans leurs bureaux. Cette approche favorise l’appropriation de la plateforme tout en créant des opportunités de réseautage et de collaboration entre les différents programmes de santé.

Les réunions de coordination bihebdomadaires améliorent la réponse

Afin de renforcer la coordination pendant les épidémies actives, la plateforme organise des réunions de coordination virtuelles bihebdomadaires avec les partenaires. Ces sessions fournissent des mises à jour régulières sur les tendances épidémiologiques, les activités de réponse et les besoins émergents, ce qui permet aux partenaires d’allouer rapidement les ressources et de soutenir directement les zones de réponse prioritaires.

Par l’intermédiaire de cette plateforme, les partenaires au développement et les homologues gouvernementaux engagent des discussions visant à renforcer la coordination et l’alignement du soutien pour la prévention, la préparation, la réponse et le rétablissement en matière de santé publique.

Impact mesurable démontré lors de l’épidémie de MPOX

L’efficacité de la plateforme de coordination s’est manifestée clairement lors de l’épidémie de MPOX, quand les partenaires ont réussi à harmoniser leur soutien pour mobiliser environ 800 000 $ ainsi que des ressources supplémentaires auprès du Fonds mondial, de l’OMS, de l’US CDC et de l’UNICEF, en faveur des activités de réponse prioritaires à travers le pays.

Cette approche coordonnée a permis de réduire les doubles emplois, d’améliorer la complémentarité entre les partenaires et de renforcer les efforts nationaux de réponse. En conséquence, l’épidémie a considérablement ralenti, avec un taux de mortalité demeurant faible, à environ 0,7 %, ce qui démontre les avantages concrets d’une réponse d’urgence coordonnée.

Les efforts de préparation plus larges bénéficient d’un soutien coordonné

Au-delà de la coordination des épidémies, la plateforme soutient des efforts de préparation exhaustifs. L’OMS, l’US CDC et le groupe Palladium, avec un financement du FCDO, collaborent avec le gouvernement du Ghana pour élaborer un plan d’action national quinquennal pour la sécurité sanitaire, ainsi qu’un plan opérationnel de deux ans.

Le processus de planification s’appuie sur le guide NAPHS (Plan d’Action National pour la Sécurité Sanitaire) et intègre les conclusions de l’évaluation externe conjointe des capacités au titre du Règlement sanitaire international de 2025. Cela garantit que les investissements du Ghana en matière de préparation sont fondés sur des données probantes et alignés sur les normes mondiales.

Le plaidoyer stratégique fait progresser les priorités en matière de sécurité sanitaire

Le sous-groupe des partenaires au développement de la santé a renforcé la collaboration entre les partenaires clés, tout en facilitant le plaidoyer conjoint auprès du ministère de la Santé et d’autres secteurs gouvernementaux. Les domaines prioritaires de ce plaidoyer incluent le renforcement des systèmes de coordination des urgences de santé publique et la promotion des approches « Une seule Santé » (One Health), qui intègrent la santé humaine, animale et environnementale.

En établissant ce mécanisme de coordination partagé, l’OMS a significativement amélioré l’alignement du soutien des partenaires au développement en faveur de la sécurité sanitaire au Ghana. Cette initiative a également favorisé une collaboration plus solide, une utilisation plus efficace des ressources et une meilleure préparation aux futures urgences de santé publique, contribuant ainsi aux efforts nationaux de protection des vies et des moyens de subsistance.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *