Niger : L’Interview Cruciale du Président – Souveraineté, Sécurité et Perspectives d’Avenir

Introduction

Le 13 février 2026, le président du Niger a accordé une interview exclusive à la télévision nationale. Cet entretien de plusieurs heures a permis au chef de l’État d’aborder les principaux enjeux nationaux, de dresser le bilan des réalisations de son administration depuis juillet 2023 et d’esquisser les perspectives d’avenir pour la nation nigérienne. Voici les points essentiels à retenir de ce discours présidentiel majeur.


Une tournée nationale décisive (octobre-novembre 2025)

Un message du terrain

Le président a débuté son discours en évoquant sa tournée nationale de plus de 4 000 km, effectuée en octobre et novembre 2025. Cette tournée, selon ses propres mots, a permis de « prendre le pouls » de la nation et d’observer directement l’engagement des Nigériens dans la lutte pour la souveraineté et la dignité.

Points clés :

  • Aucun incident n’a été enregistré sur les 4 083 km parcourus.
  • Les déplacements ont été effectués de jour comme de nuit (certains jusqu’à 1h30 du matin).
  • Démonstration concrète que le Niger n’est pas un « pays en feu » comme le prétendent certains détracteurs.
  • Collecte systématique des préoccupations de la population dans toutes les régions.

Conclusions de la tournée

Le président a tiré des conclusions encourageantes de cette tournée : « Un peuple résilient, déterminé et digne, debout et prêt pour la lutte. » Les Nigériens ont compris que « seule la lutte libère le peuple » et que la dépendance à l’égard du passé doit être définitivement abandonnée.


La situation sécuritaire : attaque et riposte à l’aéroport

Les événements du 28 au 29 janvier 2026

Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, l’aéroport international Diori Hamani et la base aérienne 101 de Niamey ont été la cible d’attaques terroristes. Le président a fourni des détails précis sur cet incident.

L’analyse du président

Selon le président, cette attaque n’était pas un acte isolé, mais s’inscrivait dans un « processus de déstabilisation regrettable » orchestré par des puissances néocoloniales, notamment la France, avec la complicité de certains États voisins.

Éléments clés de son analyse :

  • Les préparatifs ont été suivis depuis avril 2025.
  • Une réunion de coordination a eu lieu du 15 au 19 juillet 2025 à Yablé (à 40 km de Namaro).
  • Le coût total de l’attaque est estimé à 300 millions : 200 millions pour la préparation et 100 millions pour l’exécution.
  • Les groupes impliqués sont décrits comme un « conglomérat de mercenaires » financés et armés par la France.

La riposte des forces de défense

Les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) du Niger ont réagi avec professionnalisme :

  • Reprise du contrôle en moins de 20 minutes.
  • Poursuite de l’ennemi et destruction en profondeur.
  • Aucune perte de territoire.

Le président a souligné que cette réponse démontre le degré élevé de professionnalisme et de réactivité des FDS, malgré les défis budgétaires.

Les attaques planifiées qui n’ont jamais eu lieu

Selon le président, l’attaque de l’aéroport devait être suivie d’une série d’agressions coordonnées sur d’autres sites stratégiques : Tamou, Saï, Torodi, Terra, Bankilari, Wallam, Bani Bangu et Aeru. Ces attaques planifiées n’ont pas eu lieu grâce à la réponse rapide et efficace.


Uranium du Niger : une question de souveraineté

Une longue histoire d’exploitation

Le président a retracé l’historique du contrôle français sur l’uranium du Niger depuis 1961. Il a cité des documents historiques montrant comment la France a imposé des conditions défavorables au Niger pour l’exploitation de cette ressource stratégique.

Points historiques clés :

  • 1961 : Signature d’un accord permettant à la France de limiter les exportations d’uranium au profit de la « défense française ».
  • 1967 : La France refuse d’accepter les conditions d’exploitation proposées par le Niger.
  • Décembre 2023 : À l’arrivée du régime de transition, le Niger hérite de 156 231 tonnes d’uranium, dont 63,4 % sont détenues par la France.

La position actuelle

Depuis juillet 2023, le Niger a décidé de reprendre le contrôle de ses ressources naturelles. Le président a réfuté les accusations de vente à l’Iran ou à la Chine, les qualifiant de « récit » créé par la France pour discréditer le Niger au sein de la communauté internationale.


Défis économiques et progrès sociaux

Irrigation à grande échelle : un succès indéniable

L’un des plus grands succès de l’administration est le programme d’irrigation à grande échelle, visant à atteindre l’autosuffisance alimentaire en cinq ans.

Résultats concrets :

  • En moins de 2 ans, l’objectif quinquennal a été atteint.
  • Réhabilitation de plus de 1 000 hectares de périmètres existants.
  • Création de 8 000 hectares de nouveaux périmètres.
  • Production et vente de plus de 40 000 sacs de riz dès la première année de mise en œuvre.
  • Fin de la dépendance vis-à-vis de l’aide alimentaire étrangère.

Le président a déclaré avec fierté : « Nous avons suffisamment de terres, d’eau et de soleil pour produire au profit de nos populations. »

L’économie en chiffres

Indicateurs économiques positifs :

  • Taux de croissance : 6,9 % en 2026 (en dépit d’un environnement mondial difficile).
  • Taux d’inflation maîtrisé : -4,4 %.
  • Comptes extérieurs excédentaires.
  • Réduction du déficit budgétaire : de 4,1 % à 3,2 %.
  • Dette publique maintenue à 43,2 % du PIB (en dessous du seuil d’alerte de 70 %).

Tensions de trésorerie

Le président a reconnu les difficultés liées aux tensions de liquidité et aux arriérés de salaire, en particulier pour les bourses et les travailleurs contractuels. Cependant, il a resitué ces défis dans un contexte national :

  • Sur 27 millions de Nigériens, moins de 200 000 perçoivent un salaire mensuel.
  • L’État doit investir dans les services publics pour les 26,8 millions de citoyens restants.
  • Réduction des arriérés de 8 mois à 2,6 mois pour les travailleurs contractuels en moins de 3 ans.

Unités industrielles

Le président a appelé les opérateurs économiques nigériens à créer des banques privées et des unités industrielles.

Résultats à ce jour :

  • 92 unités industrielles approuvées depuis juillet 2023.
  • 64 unités approuvées en 2025 seulement.
  • 24 des 64 unités de 2025 sont opérationnelles ou en phases avancées.
  • Investissements générés : 787 milliards de francs CFA.
  • Soutien fiscal de l’État : 140 milliards de francs CFA.
  • Emplois créés : plus de 4 400.

Relations régionales et internationales

Avec le Bénin et la Côte d’Ivoire

Le président a exprimé des inquiétudes quant aux relations avec ces deux pays voisins, les accusant de collaborer avec la France pour déstabiliser le Niger. Il a cité des exemples précis :

  • Blocage de 50 véhicules militaires nigériens au port pendant deux ans.
  • Expulsion de diplomates nigériens.
  • Accord militaire avec la France.
  • Accueil de mercenaires français sur le territoire béninois.

Avec le Nigéria

Le président a averti le Nigéria des dangers de permettre aux forces françaises de s’établir sur son territoire. Il a déclaré que « le Niger n’a de problème avec personne » tant que le choix des nations est respecté et maintenu, mais qu’il ne tolérera aucune menace à sa sécurité.

La Confédération des États du Sahel (AES)

Le président a réaffirmé la détermination inébranlable de la Confédération des États du Sahel (AES), formée par le Niger, le Mali et le Burkina Faso.

Points clés :

  • La Confédération « ne craint personne et rien ».
  • Les décisions sont prises de manière réfléchie après consultation.
  • Opérationnalisation de la force unifiée de 6 000 hommes.
  • Création d’une banque d’investissement.
  • Lancement des organes de presse.
  • Le retrait de la CEDEAO est irréversible car il est soutenu par les peuples, et pas seulement par les dirigeants.

Mobilisation générale : une préparation stratégique à la résilience

Définition et objectifs

Le président a expliqué que la mobilisation générale, ordonnée le 26 décembre 2025, n’est pas une mesure alarmiste, mais une préparation rationnelle et stratégique.

Son analogie : Tout comme les réserves sont préparées avant le Ramadan, la mobilisation générale prépare la nation entière à passer d’un état de paix à un état de guerre si nécessaire.

Composantes

  • Forces de défense et de sécurité.
  • Institutions gouvernementales.
  • Citoyens ordinaires.
  • Entreprises.
  • Société civile.

Gouvernance et justice

Corruption et nominations

Le président a défendu ses choix en matière de nominations et de révocations, insistant sur le fait que les décisions sont fondées sur le pragmatisme et les résultats, et non sur des sentiments ou des affiliations.

Principes appliqués :

  • Les candidatures sont soumises à une vérification stricte.
  • Le contrôle est constant : « la confiance n’exclut pas le contrôle ».
  • Les fonctionnaires responsables qui s’écartent de leur mission sont relevés de leurs fonctions sans hésitation.
  • L’intérêt national prime sur tous les autres intérêts.

Sur la justice

Le président a déclaré que « la justice n’est pas malade, ce sont les acteurs de la justice qui sont malades ». Il a appelé à un changement de mentalité parmi les magistrats et à une application stricte des lois, sans aucune exception.


Un message d’espoir enraciné dans l’histoire

L’histoire glorieuse du Niger

L’une des interventions les plus mémorables du président a été sa rétrospective détaillée de l’histoire ancienne du Niger, remontant jusqu’au Paléolithique. Il a énuméré les grands empires et royaumes qui ont prospéré sur le territoire nigérien :

  • Kanem-Bornou (784-1900) : l’un des règnes les plus connus au monde.
  • Songhaï : Origines à Kebbi, extension à Gao.
  • Haussa : Royaumes de Gobir, Kano, Katsina.
  • Damagaram, Arlit, Zinder, Tahoua : Centres de civilisation prospères.

Le président a souligné que le Niger n’est pas « un pays pauvre » ou « un pays d’hier », mais une nation dotée d’une civilisation qui s’étend sur plusieurs millénaires.


Conclusion : Un peuple en marche

À la fin de cette longue interview, plusieurs messages clés émergent distinctement :

  1. Résilience : Malgré les défis, le peuple nigérien et ses institutions font preuve de résilience et de professionnalisme.
  2. Détermination : Le choix de la souveraineté est irréversible.
  3. Pragmatisme : Les décisions sont guidées par l’intérêt national et les résultats concrets.
  4. Perspectives : L’économie est en croissance, l’autosuffisance alimentaire est atteinte et les industries locales se développent.
  5. Vigilance : Le Niger reste attentif aux menaces externes mais refuse d’être intimidé.

Le président a conclu son allocution en appelant les Nigériens à :

  • Rester résilients car « la lutte sera longue ».
  • Prendre la mobilisation générale au sérieux.
  • Comprendre que les sacrifices consentis servent l’avenir collectif.
  • Se souvenir de leur riche passé pour mieux construire leur avenir.

Cet entretien restera un tournant dans l’histoire contemporaine du Niger, marquant la détermination d’une nation à prendre son destin en main.

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