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Mauritanie : Le Centre de Santé Mentale de Timbedra, Soutenu par l’OMS, Révolutionne l’Accès aux Soins

L’initiative, soutenue par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), transforme l’accès aux soins de santé mentale à Timbedra, offrant des services essentiels aux réfugiés et aux communautés hôtes.
Un établissement de santé mentale novateur a vu le jour dans la région de Hodh El Chargui, dans l’est de la Mauritanie, où les services de soutien psychologique étaient auparavant inexistants. Ce centre d’écoute et de soutien psychologique, créé au Centre de Santé de Timbedra en mai 2025 avec l’appui de l’OMS, offre désormais un soutien essentiel aux personnes cherchant un espace sûr pour exprimer leurs difficultés émotionnelles.
Combler les lacunes critiques dans les soins de santé mentale régionaux
Avant la création de ce centre, la santé mentale était une problématique largement négligée au sein des services de santé de Timbedra. L’établissement manquait de services spécialisés, laissant les personnes confrontées à la détresse émotionnelle ou aux tensions familiales sans systèmes de soutien structurés. Les populations de réfugiés et les communautés hôtes faisaient face à leurs difficultés dans un environnement où aucune infrastructure dédiée n’existait pour fournir une assistance professionnelle.
Cette initiative a mis en place un cadre complet pour accueillir et écouter les bénéficiaires, facilitant des approches adaptées et créant des environnements confidentiels où chacun peut exprimer ses difficultés en toute sécurité, sans crainte de jugement ou de stigmatisation.
Le premier service psychosocial structuré transforme le paysage des soins de santé
La création de cet espace d’écoute a marqué un tournant majeur pour la région. Conçu pour offrir des environnements accueillants et respectueux, il représente le premier service psychosocial structuré intégré aux opérations du centre de santé. Sa mise en place a inclus une formation complète du personnel afin d’assurer un soutien approprié, adapté aux besoins spécifiques de la communauté.
Mariem, parmi les premiers bénéficiaires de ce service innovant, a décrit son impact profond sur son bien-être. « Avant de venir ici, je ne pouvais pas dormir. Les pensées tournaient dans ma tête, j’avais peur de tout, même de moi-même. C’est la première fois que je me suis sentie vraiment écoutée », a-t-elle expliqué, illustrant le potentiel de transformation d’un soutien accessible en santé mentale.
Une formation complète renforce la capacité locale
Trois agents de santé ont reçu une formation spécialisée avec le soutien de l’OMS : deux sages-femmes et le médecin-chef de la Moughataa. Ces sessions de formation ont doté le personnel local des compétences essentielles pour fournir des soins de santé mentale de qualité, incluant les premiers secours psychologiques et la prévention de l’exploitation sexuelle, des abus et du harcèlement.
Les compétences acquises ont permis à l’équipe soignante d’adapter sa pratique et de fournir un soutien plus efficace aux personnes en quête d’aide, démontrant comment un renforcement ciblé des capacités peut transformer la prestation de services dans des contextes aux ressources limitées.
L’impact mesurable démontre l’efficacité du service
Un an après le lancement, les premiers résultats illustrent clairement l’impact positif de l’initiative sur la communauté. Le service a fourni 10 consultations individuelles, offrant un soutien ciblé aux personnes en détresse, tout en facilitant quatre médiations familiales qui ont contribué à atténuer les tensions au sein des ménages.
De plus, quatre sessions de sensibilisation ont été organisées, chacune réunissant environ 15 participants, tandis que deux cas complexes ont reçu des références vers des structures spécialisées. Ces activités démontrent l’intégration progressive de l’initiative dans les opérations quotidiennes du centre de santé, tout en répondant à des besoins réels de la communauté.
Les témoignages du personnel confirment la capacité de transformation
Fatimetou, sage-femme responsable de la santé mentale et des activités psychosociales au Centre, a témoigné des changements observables depuis l’introduction du service. « Grâce à la formation que nous avons reçue, nous sommes mieux préparés à écouter, à comprendre et à soutenir les personnes qui viennent ici. Avant, nous n’avions pas les outils nécessaires. Aujourd’hui, nous pouvons vraiment aider », a-t-elle expliqué, soulignant l’impact concret de cette formation sur la prestation des services.
Dr Mohamed Lemine, médecin en chef de la Moughataa de Timbedra, a souligné l’importance stratégique de l’initiative. « Ce soutien a contribué à combler une véritable lacune au Centre de santé de Timbedra. La mise en place de cet espace d’écoute et le renforcement des compétences du personnel représentent une avancée majeure pour mieux répondre aux besoins en santé mentale des réfugiés et des communautés hôtes. »
Les interventions réussies démontrent une valeur pratique
Les activités du centre ont prouvé leur efficacité grâce à des résultats tangibles. Une médiation familiale a réussi à prévenir un divorce, illustrant comment un soutien structuré peut apaiser des situations délicates tout en renforçant l’harmonie au sein des ménages et des communautés.
Fondation pour la stratégie nationale de santé mentale
La Dre Charlotte Faty Ndiaye, représentante de l’OMS en Mauritanie, a inscrit cette initiative dans le cadre des efforts de renforcement du système de santé. « Les initiatives mises en œuvre dans Hodh El Chargui montrent que la santé mentale peut être intégrée efficacement aux soins de santé primaires, même dans des contextes fragiles. Elles constituent une base solide pour la future stratégie nationale de santé mentale et de lutte contre les dépendances en Mauritanie », a-t-elle souligné.
Des vies transformées reflètent le succès du programme
Le parcours de Mariem à travers l’espace d’écoute illustre le potentiel de transformation du centre. « Ici, j’ai compris que je n’étais pas seule. Petit à petit, j’apprends à respirer, à parler, à vivre sans laisser la peur me contrôler. Je crois que les choses peuvent vraiment changer », a-t-elle réfléchi, démontrant une confiance renouvelée et un espoir pour l’avenir.



