Afrique 2025 : Une Croissance Économique Robuste de 4,2% du PIB, le Continent en Tête (Rapport BAD)

Douze des vingt économies à la croissance la plus rapide au monde étaient africaines l’année dernière, l’Afrique de l’Est se distinguant et les investissements directs étrangers (IDE) ayant fortement rebondi pour atteindre 97 milliards de dollars.

La résilience économique de l’Afrique est restée forte malgré les pressions mondiales croissantes. Le continent a enregistré une croissance du PIB réel de 4,2 % en 2025, contre 3,1 % en 2024, dépassant ainsi confortablement la moyenne mondiale de 3,1 %. Telle est la conclusion majeure du rapport 2026 sur la performance macroéconomique et les perspectives de l’Afrique, publié par le Groupe de la Banque africaine de développement le 30 mars à Abidjan.

Le rapport dépeint une dynamique étendue, avec une croissance supérieure à 5 % observée dans 22 pays africains, et atteignant même 7 % dans six d’entre eux. Cette performance est soutenue par une réduction de l’inflation, une meilleure gestion économique et des conditions agricoles favorables. La croissance devrait se stabiliser à 4,3 % en 2026 et s’accélérer à 4,5 % en 2027.

L’Afrique de l’Est en tête, l’Éthiopie et le Rwanda affichent des performances exceptionnelles

L’Afrique de l’Est a maintenu sa position de région du continent à la croissance la plus rapide, affichant une croissance du PIB de 6,4 % en 2025. L’Éthiopie a enregistré la performance la plus remarquable, avec 9,8 %, suivie du Rwanda à 7,5 % et de l’Ouganda à 6,4 %. À travers le continent, 12 des 20 économies à la croissance la plus rapide au monde en 2025 étaient africaines, une statistique qui remet en question les récits dominants sur la trajectoire économique du continent.

Inflation en baisse, investissements en hausse

L’inflation a poursuivi sa baisse, la moyenne continentale étant estimée à 13,6 % en 2025, en forte diminution par rapport à 21,8 % en 2024, avec de nouvelles réductions prévues pour les deux prochaines années. Les investissements directs étrangers (IDE) ont fortement rebondi en 2024, augmentant de plus de 75 % pour atteindre 97 milliards de dollars. Parallèlement, les flux de transferts ont progressé de plus de 14 % pour atteindre 104,6 milliards de dollars, dépassant les investissements de portefeuille étrangers pour devenir la plus importante source de financement externe non liée à la dette affluant sur le continent.

La croissance du PIB par habitant s’est également améliorée, passant de 0,9 % en 2023 à 1,9 % en 2025, bien que le rapport souligne que ce niveau reste insuffisant pour entraîner une réduction rapide et à grande échelle de la pauvreté.

Risques géopolitiques à l’horizon

Le président du Groupe de la BAD, le Dr Sidi Ould Tah, a reconnu que l’analyse du rapport avait été préparée avant le début de la dernière crise au Moyen-Orient, notant que la Banque et ses partenaires, dont le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), évaluent activement les conséquences potentielles pour l’Afrique. L’économiste en chef, le Professeur Kevin Urama, a adopté un ton mesuré, exprimant sa confiance que l’impact serait limité. Il a toutefois averti qu’une crise perdurant au-delà de trois mois pourrait réduire de 0,2 point de pourcentage le taux de croissance de l’Afrique pour 2026.

« L’Afrique a résisté aux chocs précédents et possède la capacité d’y rebondir, à condition que nous ne paniquions pas et que nous appliquions les bons leviers politiques », a déclaré Urama.

Les ministres appellent à une mobilisation accrue des ressources nationales

Un panel d’experts, réuni à la suite du lancement du rapport, a rassemblé les ministres des Finances de la Côte d’Ivoire, du Libéria, du Zimbabwe et du Lesotho, aux côtés du représentant résident du FMI en Côte d’Ivoire. Les panélistes ont convergé sur l’importance de la mobilisation des ressources nationales, notamment l’approfondissement des marchés de capitaux locaux, la numérisation à grande échelle pour améliorer l’efficacité de la perception des impôts, et la capitalisation sur l’expérience accumulée de l’Afrique face aux chocs économiques pour renforcer sa résilience.

Le Dr Ould Tah a décrit la série MEO (Macroeconomic Performance and Outlook) comme une démonstration de l’engagement de la Banque à fournir aux pays membres, partenaires et investisseurs une analyse économique rigoureuse et exploitable à un moment où, comme il l’a souligné, « le monde change, et pas toujours en faveur du continent africain ».

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