BAD : 11,3 M$ pour l’accès à l’énergie verte dans 14 États africains fragiles grâce aux Certificats de Paix

Un mécanisme pionnier de Certificats d’Énergie Renouvelable de Paix (P-REC) va catalyser les investissements climatiques des entreprises vers des mini-réseaux. Ce projet ambitieux concernera 14 pays touchés par des conflits et permettra de connecter 856 000 personnes à l’électricité pour la première fois.

Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé une subvention de 5,65 millions de dollars du Fonds pour l’énergie durable pour l’Afrique. Cette somme est destinée au lancement du centre d’agrégation de Certificats d’Énergie Renouvelable de Paix. Il s’agit d’une initiative unique qui utilise ces certificats comme instrument de financement direct pour les mini-réseaux, ciblant spécifiquement les communautés d’Afrique les plus fragiles et dépourvues d’énergie.

Cofinancé par le Fonds de développement nordique, qui a engagé une somme équivalente de 5,65 millions de dollars, ce dispositif total de 11,3 millions de dollars sera géré par Camco Clean Energy et Energy Peace Partners. Il cible 14 pays où le financement commercial des projets énergétiques est particulièrement limité : le Burundi, la République centrafricaine, le Tchad, la République démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Libéria, le Mali, le Niger, le Nigeria, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan et l’Ouganda.

Comment fonctionne le mécanisme

Ce mécanisme opère en établissant des accords d’achat à long terme avec des développeurs de mini-réseaux éligibles dans les 14 pays cibles. Il leur fournit des paiements initiaux en espèces en échange des droits sur les Certificats d’Énergie Renouvelable de Paix (P-REC) générés par leurs projets. Ces certificats, issus exclusivement de projets de mini-réseaux à petite échelle situés dans des communautés affectées par des conflits, sont ensuite revendus à des sociétés multinationales. Celles-ci cherchent ainsi à orienter leurs dépenses de développement durable vers des initiatives ayant le plus fort impact social et environnemental. La monnaie forte ainsi générée est ensuite reversée aux développeurs, facilitant leurs opérations sur des marchés où la levée de capitaux est autrement prohibitive.

Ce modèle novateur transforme l’ambition climatique des entreprises en capital pour les promoteurs énergétiques. Ceux-ci peinent souvent à financer leurs projets, le mécanisme s’attaquant ainsi à l’un des goulots d’étranglement les plus persistants de l’électrification rurale dans les États fragiles.

856 000 personnes pourront accéder à l’électricité pour la première fois

L’impact attendu de cette initiative est considérable. Dans les 14 pays concernés, environ 856 000 personnes – dont près de la moitié sont des femmes – devraient avoir accès pour la première fois à une électricité fiable. Cela se traduira par environ 240 000 nouvelles connexions et l’ajout de 71 mégawatts de nouvelles capacités d’énergie renouvelable.

Cette initiative s’inscrit parfaitement dans l’objectif de la Mission 300, un programme conjoint de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale visant à connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030. Le Fonds nordique de développement, en tant que partenaire, participe également au groupe de coordination de cette mission.

Une innovation majeure pour le financement de l’énergie dans les États fragiles

João Duarte Cunha, responsable de la division des fonds d’énergie renouvelable à la Banque africaine de développement, a qualifié ce dispositif d’innovation cruciale pour faire progresser l’accès universel à l’énergie dans les zones de conflit. Il a souligné : ‘Le manque d’accès au capital pour l’électrification rurale continue d’être un obstacle majeur, en particulier dans les pays qui connaissent des conflits et de la fragilité.’ Il a présenté le mécanisme P-REC comme un nouveau produit de financement climatique capable de débloquer des sources de financement commerciales auparavant inaccessibles.

Sherwin Das, directeur général d’Energy Peace Partners, a pour sa part mis en lumière l’importance capitale d’introduire l’énergie propre dans les régions fragiles. Il a noté que les projets d’énergie renouvelable dans ces contextes ont des impacts considérables sur la santé, l’éducation et la sécurité des communautés, en plus d’offrir les avantages immédiats d’une alimentation électrique fiable.

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