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Ramaphosa plaide pour un partenariat sud‑africain‑zimbabwéen renforcé afin de stimuler le commerce, l’emploi et la stabilité régionale

Le président sud‑africain Cyril Ramaphosa a profité de l’ouverture de la quatrième Commission bi‑nationale Afrique du Sud‑Zimbabwe (BNC) à Pretoria pour exposer un programme ambitieux visant à transformer la relation de voisinage de longue date en un moteur de croissance, d’emplois et de sécurité dans toute la région sud‑africaine.
Tout en saluant le Zimbabwe comme l’un des plus grands partenaires commerciaux de l’Afrique du Sud, le chef d’État a souligné une nette asymétrie commerciale : l’Afrique du Sud exporte beaucoup plus de biens vers Harare qu’elle n’en importe. « Nous avons presque doublé la valeur du commerce bilatéral en quatre ans, mais l’équilibre reste fortement en notre faveur », a déclaré Ramaphosa, appelant les deux gouvernements à exploiter la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour rétablir l’équité.
Pour réduire cet écart, les dirigeants ont préconisé une action conjointe dans plusieurs secteurs. Dans le domaine minier, ils ont insisté sur la nécessité de dépasser les simples exportations de matières premières et de développer une capacité locale de valorisation. Le président a noté que la production croissante de l’or, du platine et de minéraux critiques comme le lithium place le Zimbabwe comme un fournisseur mondial émergent. L’Afrique du Sud, quant à elle, s’est engagée à augmenter les investissements dans l’exploration et les usines de transformation, affirmant que « nos minerais doivent être transformés en produits finis chez nous ».
La coopération énergétique a également occupé une place centrale. Ramaphosa a mis en avant le Southern African Power Pool comme cadre pour fournir une électricité propre et abordable aux deux marchés, tout en soulignant l’importance des interconnexions transfrontalières qui pourraient réduire les pannes et soutenir l’industrialisation.
Le président a fait valoir que les infrastructures constituent l’épine dorsale de toute relation commerciale durable. Il a appelé à une construction coordonnée de ponts, routes, barrages, aéroports, écoles et centres de santé afin de tisser les deux économies. Des institutions telles que la Development Bank of Southern Africa et l’Industrial Development Corporation sont prêtes à financer « des projets à fort impact qui relient usines à fermes, centrales électriques à foyers, barrages à robinets ».
La sécurité de l’eau, préoccupation croissante dans une région soumise au changement climatique, a été illustrée par l’accord récent d’acheminer l’eau des installations de Beitbridge au Zimbabwe vers Musina en Afrique du Sud. Le président a appelé à un partenariat plus large sur la gestion de l’eau, l’intensification agricole et la sécurité alimentaire, rappelant les vastes terres arables communes aux deux pays. « Nous devons garantir que chaque citoyen ait suffisamment à manger et que nos exploitations résistent à la sécheresse », a‑t‑il déclaré.
Sur le plan sécuritaire, Ramaphosa a plaidé pour la modernisation des installations frontalières et une coopération renforcée en matière de migration, de douanes et de lutte contre la criminalité transfrontalière. Il a averti que des flux illicites non maîtrisés pourraient compromettre les gains économiques recherchés.
Au-delà des questions bilatérales, le président a profité de la tribune pour évoquer l’instabilité régionale. Il a exprimé son inquiétude face aux conflits dans l’est de la République démocratique du Congo, à l’insurrection dans la province de Cabo Delgado au Mozambique, à la crise humanitaire au Soudan, aux troubles au Soudan du Sud et aux insurgés du Sahel. « Dans un climat géopolitique fragmenté, la paix et le dialogue sont des prérequis au développement », a‑t‑il averti.
Ramaphosa a également félicité le Zimbabwe pour son élection à un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies pour 2027‑2028, l’encourageant à mettre ce poste au service de la mise en lumière des conflits africains et à soutenir les solutions menées par le continent.
Les liens historiques ont été un thème récurrent. Le président a rappelé le soutien du Zimbabwe à l’Afrique du Sud pendant la lutte anti‑coloniale et l’apartheid, décrivant les deux peuples comme « un seul peuple aux esprits indissociables ». Il a présenté la BNC comme l’expression moderne de ce destin partagé, soulignant que plus de 33 accords ont déjà été signés depuis la création de la commission en 2015.
La séance a été empreinte de gravité alors que les deux dirigeants pleuraient la tragédie du ferry du lac Kariba, qui a fait près de 100 victimes. Ramaphosa a présenté ses sincères condoléances au président Emmerson Mnangagwa, aux familles endeuillées et à l’ensemble du peuple zimbabwéen.
Pour conclure, Ramaphosa a rappelé que les citoyens des deux pays attendent des résultats concrets. « Nos populations attendent que cette Commission bi‑nationale livre des résultats tangibles. Ensemble, nous avançons, forts d’une histoire commune et d’un destin partagé », a‑t‑il affirmé.



