Les dirigeants coopératifs nigérians chargés de piloter le déploiement du registre numérique national

Dans une démarche décisive visant à moderniser l’un des piliers économiques les plus anciens du pays, le gouvernement fédéral du Nigeria a demandé aux Directeurs d’État des Coopératives de l’ensemble des 36 États et du Territoire de la Capitale Fédérale de devenir les « agents de première ligne » du Registre Coopératif Intelligent National (NCSR). Cette directive a été prononcée lors d’un atelier technique de haut niveau à Abuja, le 11 août 2026, marquant le passage du débat politique à l’action concrète dans le cadre du Programme de Réforme et de Relance des Coopératives (RH‑CRRP 2030).

Le ministre d’État à l’Agriculture et à la Sécurité Alimentaire, le sénateur Dr Aliyu Sabi Abdullahi, a ouvert la séance en insistant sur le fait que le ministère fédéral ne peut pas numériser le secteur coopératif depuis Abuja uniquement. « La régulation et l’administration des coopératives se déroulent sur le terrain – dans vos États et vos communautés. Vous n’êtes pas de simples spectateurs ; vous êtes les agents qui transformeront le plan numérique en réalité quotidienne », a-t-il déclaré aux directeurs présents.

L’atelier, organisé en partenariat avec Seam Fix Limited, s’est concentré sur trois composantes essentielles du nouveau système numérique : le Numéro de Vérification Coopérative (CVN), le Numéro d’Identification des Membres de Coopérative (Coop ID) et le registre cloud consultable qui les hébergera. Les participants ont été guidés à travers le processus complet – recherche d’une coopérative existante, enregistrement, puis vérification – et encouragés à poser des questions pratiques sur les défis propres à leurs États.

Selon le sénateur Abdullahi, le NCSR vise à combler un vide de données qui dure depuis des décennies et qui a entravé la planification, le financement et la régulation. « Pendant trop longtemps, nous ne pouvions pas voir nos coopératives, donc nous ne pouvions pas planifier pour elles. Avec le CVN et le Coop ID, les banques, les partenaires de développement et les agences gouvernementales pourront enfin identifier, vérifier et soutenir les coopératives en toute confiance », a-t-il expliqué.

Le ministre a souligné que l’initiative dépasse le simple projet informatique ; il s’agit d’une réforme structurelle destinée à améliorer la transparence, la responsabilité et la facilité de gestion des coopératives. « Nous ne devons pas simplement recopier nos inefficacités manuelles sur un écran. La plateforme numérique doit simplifier les processus, fournir des données fiables pour l’élaboration des politiques et, en fin de compte, offrir des avantages tangibles aux membres ordinaires des coopératives », a-t-il averti.

Parmi les retombées les plus importantes du déploiement numérique figure le lancement prévu de la Banque Coopérative du Nigeria (Coop Bank). Cette banque, décrite comme « soutenue par le gouvernement, détenue et contrôlée coopérativement, tout en étant gérée professionnellement », s’appuiera sur le NCSR, le CVN et le Coop ID pour garantir les souscriptions d’actions, le profilage de crédit et la gestion des risques. La souscription d’actions devrait débuter d’ici la fin octobre 2026, conformément aux résolutions du 8ᵉ Conseil National des Affaires Coopératives.

Le sénateur Abdullahi a également fait le point sur la tournée d’information du ministère, précisant que les zones Sud‑Ouest, Nord‑Ouest et Sud‑Sud ont déjà été visitées, tandis que les déplacements dans le Nord‑Central, le Sud‑Est et le Nord‑Est sont prévus avant le lancement officiel de la Coop Bank. Un protocole d’accord entre le ministère, la Fédération des Coopératives du Nigeria (CFN) et Seam Fix sera signé le lendemain afin de formaliser le cadre de collaboration.

Dans son discours d’accueil, le secrétaire permanent Dr Marcus Ogunbiyi a lié l’infrastructure numérique à l’initiative AGROW, qui vise à acheminer directement les subventions d’intrants, le crédit et l’assistance technique aux coopérateurs vérifiés. Il a rappelé que le programme RH‑CRRP 2030 a pour objectif de renforcer l’inclusion financière, d’éliminer la fraude et de libérer du capital pour les petits producteurs à travers le pays.

L’atelier s’est conclu par une démonstration en direct de la plateforme NCSR par Seam Fix, suivie d’un appel à l’action : les directeurs d’État, le Département fédéral des Coopératives, la CFN, l’Institut des Professionnels de la Coopération du Nigeria (ICOPRON) et tous les autres acteurs doivent considérer le déploiement comme une responsabilité nationale partagée. Comme l’a déclaré le sénateur Abdullahi, « Une nouvelle ère pour les coopératives nigérianes est arrivée ».