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Le Président Kiir incite les dirigeants du Warrap et du Western Bahr el Ghazal à intensifier les efforts de paix frontalière

Le chef de l’État sud-soudanais, le président Salva Kiir Mayardit, a donné instruction claire aux gouverneurs du Warrap et du Western Bahr el Ghazal, les exhortant à intensifier les mesures de coopération destinées à désamorcer un différend frontalier qui menace la stabilité des deux États.
Contexte du différend
Le point sensible se situe dans la zone de Manyang, un territoire revendiqué à la fois par les communautés du comté de Gogrial East, dans le Warrap, et du comté de Jur River, dans le Western Bahr el Ghazal. Historiquement, cette région a servi de corridor commercial, d’échanges matrimoniaux et de pâturage saisonnier, mais les revendications concurrentes sur l’usage des terres et les ressources ont ravivé les tensions ces derniers mois.
Briefing présidentiel et réaction des gouverneurs
L’instruction du président Kiir fait suite à un briefing détaillé présenté par le gouverneur Bol Wek Agoth du Warrap et le gouverneur Sheriff Daniel Sheriff du Western Bahr el Ghazal. Les deux responsables ont exposé la posture sécuritaire adoptée par leurs polices d’État et les milices locales, notant une légère baisse des incidents violents après le déploiement de patrouilles conjointes.
Le gouverneur Bol Wek a souligné que les interventions coordonnées – patrouilles communes, équipes de liaison communautaire – ont commencé à réduire le risque d’affrontements immédiats. Il a toutefois averti que, sans un dialogue inclusif et soutenu, les griefs sous‑jacents pourraient resurgir, surtout à l’approche des élections générales de 2026.
Appel à une conférence inclusive de paix et de réconciliation
Pour aller au-delà des gains sécuritaires à court terme, les deux gouverneurs sollicitent l’aide du gouvernement national afin d’organiser une large conférence de paix et de réconciliation. Cette rencontre rassemblerait chefs traditionnels, aînés, groupes de femmes, représentants de la jeunesse, intellectuels locaux et autres parties prenantes des deux côtés de la frontière.
Selon les gouverneurs, le programme viserait trois objectifs majeurs : (1) désescalade immédiate des hostilités, (2) processus structuré de résolution des conflits fonciers, et (3) création d’un comité de développement conjoint pour gérer les ressources partagées comme les points d’eau et les pâturages.
Pourquoi le différend est crucial aujourd’hui
Le Soudan du Sud se prépare à ses premières élections générales post‑conflit, prévues pour 2026. Les observateurs internationaux et les acteurs nationaux insistent sur le fait qu’une résurgence de violences locales pourrait nuire à la confiance des électeurs et compromettre la paix fragile qui subsiste depuis l’Accord de Paix Revitalisé de 2018.
Par ailleurs, le différend de Manyang illustre un schéma plus large de friction intercommunautaire qui afflige le pays depuis son indépendance en 2011. En traitant la question via un processus participatif et appartenant aux communautés, le gouvernement espère établir un précédent pour la résolution d’autres différends frontaliers.
Rôle des médias dans la consolidation de la paix
Les deux gouverneurs ont fait appel aux journalistes et aux utilisateurs des réseaux sociaux pour qu’ils fassent preuve de retenue et diffusent des messages favorisant le dialogue plutôt que d’attiser les tensions. Ils ont souligné que des reportages responsables peuvent créer un climat où les dirigeants communautaires se sentent en sécurité pour engager des négociations constructives.
Perspectives
L’ordre du président Kiir renforce le principe selon lequel les autorités étatiques doivent travailler main dans la main avec les communautés locales et les institutions nationales afin d’éviter toute escalade. Alors que la conférence de réconciliation se concrétise, son succès dépendra de la volonté de toutes les parties à privilégier la coexistence durable plutôt que des gains à court terme.
À l’aube des élections, l’issue des négociations de Manyang pourra servir d’indicateur pour la trajectoire globale de la paix au Soudan du Sud, montrant si le pays parvient à transformer une stabilité précaire en une gouvernance inclusive et pérenne.



