La CEDEAO renforce l’intégration régionale et la fluidité commerciale au poste frontalier de Noépé-Akanu

Le 13 août 2026, la Commission de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réuni une délégation de haut niveau au poste frontalier juxtaposé (PFJ) de Noépé-Akanu, situé entre le Togo et le Ghana. Cette rencontre stratégique a mobilisé des responsables frontaliers, des transporteurs, des commerçants transfrontaliers ainsi que des représentants de la société civile, notamment des femmes et des jeunes du Bénin, du Ghana et du Togo, afin d’accélérer la mise en œuvre des instruments régionaux sur la libre circulation et le commerce.

En tant qu’artère économique majeure le long du corridor Abidjan-Lagos, le site de Noépé-Akanu a servi de cadre idéal pour des échanges dirigés par des directeurs sectoriels de la CEDEAO. Des experts des domaines du commerce, des transports, du transit, des douanes, de la libre circulation et de l’assurance Carte Brune ont partagé leurs perspectives et bonnes pratiques opérationnelles. Les discussions ont mis en lumière des outils communautaires essentiels tels que la Carte d’identité biométrique nationale de la CEDEAO (ENBIC) et le Système interconnecté de gestion des marchandises en transit (SIGMAT), pensés pour simplifier les procédures et structurer le commerce informel.

Les autorités locales ont ouvert les travaux en exprimant un fort soutien communautaire. S’exprimant au nom des chefs traditionnels de Noépé et d’Akanu, Torgbi Harvey de Noépé a insisté sur la nécessité pour les États membres d’appliquer des mesures concrètes pour que l’intégration profite à l’ensemble des entrepreneurs et transporteurs de la région. Dans le même sens, le capitaine Agniba Essoiezam, chef de la division des opérations douanières de la République togolaise et à la tête de la force mixte du PFJ de Noépé-Akanu, a salué les participants en insistant sur l’importance de maîtriser les textes réglementaires régissant le transit et le droit d’établissement.

Dr Kalilou Sylla, commissaire de la CEDEAO chargé des Affaires économiques et de l’Agriculture, a qualifié le poste de Noépé-Akanu d’exemple concret d’intégration en marche. Il a toutefois déploré les tracasseries persistantes, exigeant l’arrêt immédiat des retards injustifiés, des paiements informels et du harcèlement aux frontières. Il a plaidé pour une sensibilisation accrue aux droits de libre circulation, une utilisation élargie de la carte d’identité biométrique régionale et un dialogue soutenu pour faire de ce corridor un véritable catalyseur d’emplois et de prospérité partagée.

S’exprimant au nom du ministre togolais des Transports, M. Dermane Tajudini, directeur des Transports routiers (reprenant les propos de M. Komlan Loukou-Kadjie), a rappelé que l’engagement du Togo envers la CEDEAO se mesure à la facilité avec laquelle les citoyens et les marchandises traversent les frontières. Pointant du doigt le poids des contrôles inopinés, des coûts logistiques élevés et des disparités d’application réglementaire, il a appelé à une digitalisation accrue des procédures douanières et à une application rigoureuse des normes communautaires.

Dans son allocution d’ouverture, S.E. Mme Damtien L. Tchintchibidja, vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, a réaffirmé l’importance stratégique du corridor Abidjan-Lagos. Elle a mis en avant le programme d’orientation et de mobilité soutenu par la CEDEAO et financé par Trademark Africa, destiné à améliorer la fluidité et la sécurité routière aux postes de Noépé-Akanu et de Seme-Krake.

« Notre vision est claire : un corridor où les personnes se déplacent dans la dignité, où les marchandises circulent efficacement et où les formalités frontalières sont accomplies avec rapidité, transparence et professionnalisme », a-t-elle déclaré.

Cette concertation a permis de recueillir de précieux retours de terrain et des recommandations pratiques visant à protéger les acteurs les plus vulnérables, en particulier les femmes et les jeunes commerçants. Grâce à une synergie renforcée entre les États membres et la Commission, la CEDEAO poursuit sa marche vers un avenir économique plus prévisible, sûr et intégré.